Cette année, le Carnaval de Strasbourg plonge la ville dans un univers de créatures mythiques. Le thème officiel de l’édition 2026, « Animaux fantastiques et légendaires », met en scène dragons, chimères, phénix et créatures marines à travers le récit de deux personnages, Louisa et Côme. Un cortège narratif, presque cinématographique, qui tranche avec les carnavals classiques et promet une cavalcade spectaculaire au cœur de la Grande-Île.
Les 28 et 29 mars, Strasbourg se transforme. Le Village du Carnaval ouvre ses portes place Gutenberg de 14h à 18h les deux jours, avec ateliers créatifs et animations pour petits et grands. Puis vient le clou du spectacle : la Grande Cavalcade du dimanche, qui s’élance à partir de 14h11 — l’heure « folle » rhénane — et déferle sur les rues de la ville jusqu’à 18h.
Un parcours de 2,1 km en plein cœur de Strasbourg
Le cortège prend son départ place de l’Étoile, traverse le Corbeau, longe la rue du Vieux-Marché-aux-Poissons, passe par la place Gutenberg et les Grandes Arcades, avant de se conclure en fanfare et batucada place Kléber. Soit environ 2,1 km de festivités, de confettis et de bonbons en plein centre de Strasbourg.
Sur ce parcours, une dizaine de groupes animent le défilé : Kolibri Kadanse (danse-percussions), Cheminots Rollers (fées en rollers), Percussionautes (loups-garous), Tropic Grouv, Cie Sans Visage (phénix), sans oublier la guggenmusik Le Bouc Bleu et ses cuivres déchaînés. Des nuages de bulles de savon complèteront l’ambiance pour les plus jeunes.

Un carnaval ancré dans l’histoire tourmentée de Strasbourg
Le carnaval strasbourgeois n’est pas né d’hier. Ses racines plongent dans les rites médiévaux rhénans, ces pratiques populaires destinées à chasser l’hiver avec bruit et excès. Au fil des siècles et des alternances franco-allemandes, il a connu des hauts et des bas : relancé par les Allemands à la fin du XIXe siècle, supprimé en 1902 pour raisons culturelles, ressuscité en 1956 par le légendaire cabaret strasbourgeois Barabli avec son brûlage satirique du personnage Crocus Morus, populaire dans les années 70 autour des Wackes de la Krutenau, avant d’être interdit en 1978 après débordements.
Depuis les années 1990, le carnaval renaît sous une forme profondément différente : familiale, festive, non-commerciale. Pas de strass vénitien, pas de chars motorisés rutilants. Ici, les chars sont des « bidulos » actionnés à la main, les costumes évoquent sorcières (les fameux Waggis), monstres et smokings bariolés. L’esprit reste fidèle à la tradition rhénane : chasser le froid par le bruit, la couleur et la satire légère.

Infos pratiques pour profiter du carnaval sans galère
L’événement est entièrement gratuit et ouvert à tous. Pour s’y rendre sans encombre, mieux vaut opter pour les transports en commun : tram (arrêt Étoile / Bourse) ou bus, les parkings-relais étant également conseillés. Les vélos sont acceptés, sauf sur les pistes fermées le jour du défilé.
À noter : la route de Vienne est coupée dès 9h, les axes du parcours dès 12h, et le stationnement est interdit de 1h à 20h dans les rues concernées. Des toilettes publiques sont disponibles places de l’Étoile, Austerlitz et alentours.
Pour les gourmands, l’occasion est aussi de (re)découvrir les schenkele et scharwas, beignets traditionnels alsaciens indissociables de l’esprit carnavalesque. Toutes les informations et mises à jour sont à retrouver sur strasbourg.eu.
