Le FC Kingersheim a publié un communiqué officiel suite à la rencontre de Régional 2 l’opposant à l’AS Huningue. Le ton est ferme, les mots sont pesés : un joueur du club aurait été victime d’une agression physique en fin de match, déclenchant une altercation générale. Seul problème selon Kingersheim — un carton rouge a été distribué, mais uniquement à leur joueur.

Le club ne s’arrête pas là. Il décrit l’intrusion sur la pelouse d’un individu non inscrit sur la feuille de match, potentiellement suspendu, qui aurait frappé l’un de ses joueurs. Des supporters adverses auraient également envahi le terrain, créant selon le club « un climat de tension majeur » mettant en danger joueurs et encadrants. L’arbitre a mentionné l’entrée irrégulière dans son rapport.

Du côté de Huningue : silence total. Aucun communiqué, aucune prise de position publique à ce stade.


Des images existent — Kingersheim réclame qu’on les regarde

Le FC Kingersheim pointe un élément concret : l’AS Huningue utilisait lors de la rencontre un dispositif de captation vidéo, une caméra Veo. Le club haut-rhinois demande explicitement que ces images soient transmises sans délai aux instances compétentes pour établir les responsabilités. Il annonce également engager des démarches pour accéder aux dispositifs de vidéosurveillance municipaux, y compris via le dépôt d’une plainte.

La demande est claire : que les faits soient examinés dans leur ordre chronologique complet, et non de manière sélective. Kingersheim attend de la Ligue Grand Est « une réaction ferme, rapide et exemplaire ».


Un contexte déjà explosif : l’affaire des faux certificats médicaux

Ce qui rend cette situation encore plus tendue, c’est le contexte dans lequel elle intervient. Comme révélé par notre média, le 20 février dernier, le FC Kingersheim fait partie des clubs alsaciens visés par la commission sportive régionale de la Ligue Grand Est dans le cadre du scandale des certificats médicaux falsifiés. L’AS 1919 Huningue — l’adversaire du jour — figure également dans ce même dossier.

Pour rappel, une centaine de joueurs répartis dans une vingtaine de clubs de la région Grand Est ont été suspendus à titre conservatoire début février 2026. Le mécanisme mis à jour est simple et préoccupant : des certificats médicaux reproduits à l’identique, avec signature et tampon usurpés de médecins qui n’ont jamais examiné ces joueurs. Certains auraient même été achetés quelques euros sur Snapchat.

Deux clubs déjà dans le viseur des instances pour fraude aux licences qui se retrouvent désormais au cœur d’un incident violent en fin de match. Le calendrier est pour le moins chargé.


La Ligue Grand Est face à ses responsabilités

La superposition de ces deux affaires pose une question de fond : comment les instances du football régional vont-elles gérer simultanément une enquête disciplinaire sur les licences et un incident de terrain aux contours potentiellement pénaux ?

Kingersheim est explicite sur ce point. Le club condamne tout comportement inapproprié sur un terrain — y compris de son propre joueur — mais insiste sur le fait que la chronologie des faits doit être respectée. Agression initiale, réaction, puis intrusion d’un tiers non inscrit : le club entend que chaque responsabilité soit établie, pas seulement la dernière visible.

« La protection des joueurs et le respect des règlements ne peuvent être à géométrie variable », écrit le club. Une phrase qui résonne au-delà du seul match du week-end.