La soirée débute avec une polémique. Avant même le coup d’envoi de la réception de l’Olympique Lyonnais, les Ultra Boys 90 publient un communiqué pour dénoncer le refus du Racing Club de Strasbourg de laisser entrer une banderole en tribune. Le message qu’ils souhaitaient déployer était pourtant une simple citation du président Marc Keller lui-même, extraite d’un article des Dernières Nouvelles d’Alsace du 1er septembre 2024 :
« Chelsea ne décide pas de ce qu’il se passe au Racing – 01.09.2024 »
Le groupe exprime son incompréhension face à ce refus : comment une citation officielle du président du club peut-elle être jugée indésirable en tribune ? Les Ultra Boys 90 concluent leur communiqué par leur habituel « Unis pour vaincre », mais le message est clair : la tension entre les supporters organisés et la direction du club est bien présente.

Un RCSA dominateur : 3-1 et une montée au classement
Sur le terrain, le Racing a su répondre présent. Strasbourg domine la rencontre de bout en bout face à un OL qui concède là sa première défaite de l’année 2026. Martial Godo ouvre le score à la 37e minute, au terme d’une action initiée par Diego Moreira. Ce même Moreira double la mise juste après la pause d’une frappe lointaine déviée (52e). Corentin Tolisso réduit l’écart pour Lyon (59e), servi par Yaremchuk, avant que Joaquin Panichelli ne transforme un penalty décisif à la 83e — provoqué par El-Mourabet — pour sceller la victoire 3-1.
Résultat : le RCSA grimpe à la 7e place avec 34 points, tandis que l’OL reste 3e malgré ce revers.

En tribunes : le contexte de Lyon, et de nouvelles tensions
La réception de l’OL ne pouvait pas ignorer le contexte dramatique qui entoure la ville de Lyon depuis quelques jours. Quentin Deranque, 23 ans, militant nationaliste d’extrême droite, est décédé le 14 février 2026 des suites de ses blessures, après avoir été roué de coups lors d’un affrontement entre groupes d’extrême droite et antifascistes en marge d’une conférence à Sciences Po Lyon. Les Bad Gones, principal groupe de supporters lyonnais, lui avaient rendu hommage dès le match OL-Nice du 15 février, en déployant une banderole au Groupama Stadium.
Dans ce contexte tendu, la soirée à la Meinau a également été marquée par des incidents en tribunes. Selon des témoignages recueillis sur place, un groupuscule a tenté de déployer deux banderoles : l’une intitulée « Fuck AFA« , l’autre « Quentin Présent« , en référence à la mort de Quentin Deranque. Ces banderoles auraient été portées par des membres des Offenders, groupe ultras dissous par le gouvernement en 2025. Les Ultra Boys 90, présents ce soir-là, ont refusé que ces banderoles soient posées, ce refus ayant engendré des tensions et des accrochages entre les différents groupes.

Ce qu’il faut retenir de cette soirée strasbourgeoise
Une victoire convaincante pour le Racing, qui confirme ses ambitions en Ligue 1. Mais une soirée qui pose aussi des questions : sur la liberté d’expression des supporters à la Meinau, sur les tensions persistantes entre groupes ultras, et sur l’irruption d’un contexte national — la mort de Quentin Deranque à Lyon — jusque dans les tribunes alsaciennes.
