Le 20 février 2026, depuis Strasbourg, Virginie Joron — députée européenne RN — a officiellement présenté sa liste pour les élections municipales de 2026. Elle la baptise « Sauvons Strasbourg » et se pose en candidate de rupture face à la gestion actuelle de la ville. Derrière ce nom, un message volontairement alarmiste : la capitale alsacienne serait en danger, et il faudrait la redresser sans attendre.


Un projet en six piliers pour redresser la capitale alsacienne

La liste « Sauvons Strasbourg » structure son programme autour de six axes :

Économie et finances locales : désendettement, audit indépendant des comptes de la ville, fin des « gaspillages », gel des impôts et baisse de la taxe foncière. Le programme promet aussi un grand plan de stationnement, le soutien aux PME et start-ups alsaciennes, ainsi que le maintien et l’extension du marché de Noël de Strasbourg.

Sécurité : recrutement de 50 policiers municipaux supplémentaires, création d’une brigade nocturne, sécurisation des écoles et des transports en commun strasbourgeois, tolérance zéro face aux incivilités.

Identité alsacienne : défense du droit local, de la langue régionale, création d’une Maison de l’Alsace, valorisation du patrimoine et des traditions strasbourgeois.

Démocratie locale : référendums sur les grands projets urbains, consultations citoyennes élargies.

Écologie pragmatique : propreté renforcée, rénovation énergétique, plantation d’arbres, mobilités fluides « sans dogmatisme ».

Familles, santé et solidarité : création de places en crèche, rénovation des écoles, soutien aux aînés, transports à tarif réduit pour étudiants et retraités.


Une liste d’union des droites, de l’UDR au RN en passant par Reconquête

La composition de la liste reflète une volonté affichée de rassemblement à droite et à l’extrême droite. Virginie Joron présente ses six premiers colistiers comme issus de la « société civile » et de divers horizons politiques.

David Saglamer (2e) est responsable départemental de l’UDR 67 et ancien élu LR, spécialiste du développement foncier et de l’urbanisme. Christine Klipfel (3e), responsable RN pour la 3e circonscription du Bas-Rhin, se présente comme une figure engagée, après dix ans passés aux États-Unis. Valentin Wittmann (4e) apporte 40 ans d’expérience en audit financier et plaide pour des parkings gratuits à midi et le samedi dans le centre-ville.

Laurence Faradji (5e), commerçante au centre-ville de Strasbourg depuis de nombreuses années, témoigne du déclin économique qu’elle dit observer au quotidien. Richard Clerc (6e), membre d’Identité Libertés et ancien dirigeant d’un club de handball strasbourgeois, souhaite rendre la ville « attractive, sûre et sereine ». Enfin, Fabienne Wassmer-Hegedüs (7e), juriste en droit du travail et ancienne conseillère municipale PS de 1989 à 1995, complète cette liste se réclamant de « l’union du bon sens ».


Un positionnement politique assumé, dans un contexte municipal très disputé

La liste assume clairement son ancrage à droite, avec une alliance RN–UDR en tête, des membres de Reconquête et du Mouvement pour l’Alsace. La liste inclut également, selon le communiqué, un parti siégeant au Parlement européen dans le groupe ECR (Conservateurs et Réformistes européens).

À Strasbourg, ville traditionnellement ancrée à gauche et dirigée depuis 2020 par la maire écologiste Jeanne Barseghian, cette candidature entend incarner une alternative de droite structurée pour les prochaines municipales.