C’est un signal politique fort envoyé à quelques semaines du dépôt des listes. Marc Fesneau, vice-président du MoDem au niveau national, et Thomas Rémond, président d’honneur du MoDem Alsace et conseiller municipal de Strasbourg, ont officiellement apporté leur soutien à Jean-Philippe Vetter (LR) pour les élections municipales de mars 2026. L’annonce, formulée le 22 février, ne laisse guère de place au doute : le centre-droit strasbourgeois se recompose, et Pierre Jakubowicz (Horizons) se retrouve isolé dans ce jeu d’alliances.


Un rassemblement réclamé dès le premier tour

La demande de Fesneau et Rémond est explicite : bâtir un bloc uni du centre et de la droite avant le 15 mars, date butoir pour le dépôt des listes électorales. L’objectif affiché est clair — faire barrage à la maire sortante Jeanne Barseghian dès le premier tour, sans attendre un hypothétique accord de second tour. Vetter prône cette stratégie depuis des mois. Il a tendu la main à Jakubowicz à de nombreuses reprises depuis 2025, sans jamais obtenir de réponse favorable.


Jakubowicz pris en étau, malgré des figures MoDem dans ses rangs

Le paradoxe est piquant. Tandis que les têtes du MoDem se rangent derrière Vetter, la liste de Jakubowicz compte dans ses rangs Rebecca Breitman, figure locale du mouvement centriste, positionnée en deuxième place. Ce grand écart interne illustre les fractures profondes qui traversent le centre alsacien à l’approche du scrutin. Jakubowicz, de son côté, maintient sa candidature et refuse pour l’heure tout rapprochement, même si la pression s’intensifie autour de lui.


Un momentum favorable à Vetter dans le Bas-Rhin

Ce ralliement n’est pas le premier du genre. Nicolas Matt (Renaissance) et Anne Reymann avaient déjà rejoint le camp Vetter. Thomas Rémond, lui-même élu au conseil municipal de Strasbourg depuis octobre 2025, ancre ce soutien dans le tissu local et renforce la légitimité territoriale de la démarche. La dynamique semble s’accélérer à l’approche de l’échéance, et l’union espérée par Vetter prend, pièce par pièce, une forme concrète.


La droite strasbourgeoise peut-elle vraiment s’unifier avant le 15 mars ?

Tout dépend désormais de la décision de Pierre Jakubowicz. Vetter a fermé la porte à une alliance de second tour, exigeant une fusion complète des listes avant le scrutin. Le temps presse, les positions se durcissent, et la fenêtre de négociation se referme. À Strasbourg, où la gauche écologiste est solidement installée à l’Hôtel de Ville, une droite divisée prendrait le risque de s’annuler elle-même dans les urnes.