Dans une vidéo relayée par le média Actu Strasbourg, la candidate PS à la mairie de Strasbourg, Catherine Trautmann, a déclaré vouloir « mettre fin à la sulfateuse à PV, la fameuse voiture avec les caméras qui vous traque plusieurs fois par jour dans votre rue ». Elle affirme également que la clause de bonne foi — ce délai permettant à un automobiliste de prouver qu’il était en train de payer son stationnement au moment du passage du véhicule de contrôle — aurait tout simplement disparu sous la municipalité actuelle.
Des propos forts, qui ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux… et déclenché une vague de réactions, parfois très directes.
Une affirmation contestée point par point
Plusieurs voix strasbourgeoises se sont élevées pour remettre en cause ces déclarations, à commencer par des acteurs proches du dossier.
Antoine Neumann est le premier à contre-attaquer : « Mme Trautmann ment devant la caméra. Tout simplement. » Il rappelle qu’un délai de tolérance existe toujours entre le passage du véhicule de contrôle et l’émission d’une éventuelle régularisation post-stationnement — suffisant pour que tout automobiliste en train de régler son stationnement ne soit pas sanctionné. Il souligne également qu’en cas de contestation, des recours auprès d’interlocuteurs humains restent disponibles — ce qui, ironiquement, n’était justement pas le cas avec Streeteo, la filiale de Vinci à laquelle l’ancienne municipalité avait confié le contrôle du stationnement.
Sophie Dupressoir va dans le même sens : « C’est totalement faux. La contestation est toujours possible, rien n’a changé. » Elle pointe une contradiction de taille : Pernelle Richardot, adjointe au stationnement en 2018 sous Roland Ries — celle-là même qui avait confié la gestion au privé — figure aujourd’hui en 5e position sur la liste de la candidate PS. Difficile de se présenter comme le rempart contre les dérives du système quand on en a posé les fondations.


Le vrai bilan : qui a fait quoi sur le stationnement à Strasbourg ?
Les faits permettent d’établir une chronologie claire. Sous l’ère Ries, la mairie de Strasbourg avait confié le contrôle du stationnement à Streeteo, filiale du géant Vinci. C’est en 2018, sous l’adjointe Pernelle Richardot, que cette privatisation avait été actée — une décision critiquée pour avoir éloigné les citoyens de tout interlocuteur humain en cas de litige.
La municipalité actuelle a depuis mis fin à ce contrat, réinternalisé le contrôle du stationnement et rétabli des dispositifs de recours accessibles pour les Strasbourgeois. Le délai de tolérance entre la détection et l’émission d’un avis de paiement demeure bel et bien en vigueur.
En résumé : la « clause de bonne foi » qu’invoque Catherine Trautmann comme disparue… existe toujours.

Pourquoi ça compte pour les Strasbourgeois
Le stationnement à Strasbourg touche directement la vie quotidienne de dizaines de milliers d’automobilistes, des rues du Centre-ville à la Krutenau, de Neudorf à Hautepierre. Les véhicules de contrôle itinérants sillonnent toute la ville, et la question de l’équité des sanctions — notamment pour ceux qui règlent via une borne ou une application mobile — est légitime et sensible.
C’est précisément pourquoi tenir un discours factuel sur ce sujet est essentiel. Présenter comme disparu un mécanisme de protection qui existe toujours, ou passer sous silence le rôle joué par sa propre équipe dans la privatisation du système, expose une candidate à de sérieuses questions de crédibilité — à quelques semaines d’une échéance municipale décisive pour la capitale alsacienne.
