Mohamed Sylla, tête de liste du mouvement « Utiles » pour les municipales 2026 à Strasbourg, vient de frapper un grand coup. Il a annoncé une alliance stratégique avec Thibaut Vinci (PRG)et Ismaïl Becherirat (fondateur d’ »Unis pour Strasbourg« ). Une union qui redessine le paysage politique strasbourgeois à trois mois du scrutin.

Une liste « tricéphale » pour incarner la gauche du terrain

Cette alliance ne relève pas du simple calcul électoral. Elle marie trois profils complémentaires : Mohamed Sylla, le syndicaliste devenu président d’UTILES 67, Thibaut Vinci, fonctionnaire de police et responsable du PRG en Alsace, et Ismaïl Becherirat, ancien candidat indépendant et conducteur de tram. Ensemble, ils veulent incarner une « troisième voie » à gauche, loin des listes PS de Catherine Trautmann et des écologistes.

Thibaut Vinci, qui occupe la troisième place sur la liste, n’est pas un candidat comme les autres. Fonctionnaire, il mène sa campagne entre deux services, multipliant les réunions citoyennes après ses patrouilles nocturnes. « Je ne suis pas le candidat des beaux discours mais le porte-parole de ceux qui se lèvent tôt, qui rentrent tard et qui n’ont pas le temps de s’intéresser à la politique« , martèle-t-il. Son ralliement à Sylla marque son refus d’une intégration chez Trautmann, préférant porter une vision de gauche ancrée dans le quotidien des Strasbourgeois.

Ismaïl Becherirat, qui se retire de sa propre candidature pour rejoindre le mouvement Utiles, apporte son expertise du terrain. Conducteur de tram, il prend en charge le volet transports du programme, avec une connaissance intime des déplacements et des attentes des usagers strasbourgeois. Son mouvement « Unis pour Strasbourg » fournira 4 à 5 candidats sur la liste, renforçant l’ancrage dans les quartiers populaires.

Social, sécurité et écologie : un programme qui cible le quotidien

L’alliance s’articule autour de trois piliers : le social, la sécurité et l’écologie. Thibaut Vinci défend notamment 100 médiateurs de nuit, 50 agents de police municipale supplémentaires, et l’installation de « kobans » – ces mini-postes de police 24h/24 inspirés du modèle japonais. Une approche qui allie fermeté et prévention, visant à rendre la sécurité visible dans tous les quartiers de Strasbourg.

Sur le volet social, le programme prévoit des crèches ouvertes jusqu’à 22 heures pour les parents aux horaires décalés, la gratuité totale des transports en commun pour les étudiants et apprentis strasbourgeois, et un guichet « Strasbourg Solidaire » dans chaque quartier du Bas-Rhin pour faciliter les démarches administratives.

L’écologie et l’alimentation locale complètent le triptyque, portées par Françoise Werckmann, avocate et ancienne membre d’EELV, qui rejoint également cette liste tricéphale.

Une démarche participative ancrée dans le terrain strasbourgeois

Cette alliance s’inscrit dans la continuité de la démarche initiée par UTILES 67 depuis plusieurs mois. Dès octobre 2025, le mouvement lançait un appel aux Strasbourgeois : « Et si vous dessiniez la ville de demain ? » À travers des Cafés UTILES organisés dans toute la ville, Mohamed Sylla et son équipe ont multiplié les rencontres citoyennes, recueillant attentes et préoccupations des habitants.

Cette approche participative tranche avec les méthodes traditionnelles de campagne électorale dans le Bas-Rhin. UTILES 67, émanation locale du groupe parlementaire LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) à l’Assemblée nationale, mise sur l’écoute active et la co-construction du programme municipal pour 2026.

Un coup de boost face à la quadrangulaire annoncée

Sur les réseaux sociaux, Mohamed Sylla a célébré cette union : « Fier de pouvoir compter sur le soutien de Thibaut Vinci et d’Ismaïl Becherirat pour les municipales à Strasbourg« .

Cette union stratégique pourrait bien redistribuer les cartes à Strasbourg. L’enjeu pour Sylla, Vinci et Becherirat : convaincre les électeurs strasbourgeois qu’une gauche du terrain, ancrée dans le réel des quartiers populaires comme du centre-ville, peut s’imposer face aux partis traditionnels.