Dans l’ombre des couloirs administratifs du Grand Est, Christian Nègre, ex-haut fonctionnaire du ministère de la Culture, est au cœur d’une affaire de « soumission chimique » massive, avec des faits commis y compris dans notre région. Près de 250 femmes potentiellement victimes sont appelées à se signaler par le parquet de Paris, ravivant un dossier glaçant qui interpelle les Bas-Rhinois.

Qui est Christian Nègre, ce cadre passé par la DRAC Grand Est ?

Christian Nègre occupait des postes de responsabilité au ministère de la Culture à Paris, comme sous-directeur des ressources humaines, avant d’intégrer la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) du Grand Est.
Membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, il a été révoqué de la fonction publique en 2019 suite aux premières révélations.
Son passage dans la région, autour de Strasbourg et du Bas-Rhin, coïncide avec des agissements qui prolongent ses pratiques parisiennes, comme l’ont établi les enquêtes.

Le lien direct avec le Grand Est et Strasbourg

Nommé à la DRAC Grand Est, Nègre y exerce notamment en 2018, où il est surpris en train de photographier une interlocutrice sous la table lors d’une réunion, déclenchant une plainte pivot.
Les investigations confirment que ses méthodes – faux entretiens et boissons trafiquées – se sont étendues à cette période régionale, impactant potentiellement des collaboratrices locales.
Pour les Strasbourgeois, ce scandale rappelle les failles des administrations publiques régionales, à deux pas de nos institutions alsaciennes.

Le mode opératoire : diurétiques et humiliations systématiques

De 2009 à 2018, Nègre organisait des entretiens d’embauche ou d’évaluation truqués, versant des diurétiques puissants dans cafés ou thés servis aux candidates.
Les victimes ressentaient une envie impérieuse d’uriner, qu’il exploitait pour les observer, les photographier ou les contraindre en sa présence, avec un fichier « Expériences P » listant 181 cas détaillés.
Qualifiés d’« administration de substance nuisible » et d’« agression sexuelle par abus d’autorité », ces actes ont touché Paris comme le Grand Est.

250 victimes potentielles : l’appel du parquet qui secoue la région

Son ordinateur révèle 181 à 250 femmes ciblées, dont 180 parties civiles à ce jour dans cette enquête record de soumission chimique en France.
Début février 2026, la procureure de Paris exhorte les victimes, y compris celles du Grand Est, à se manifester d’urgence auprès du 01 44 90 62 00 ou webreseau@justice.fr.
Des hospitalisations pour infections urinaires et des traumatismes durables marquent ces témoignages, soulignant l’horreur cachée derrière un vernis administratif.

L’État condamné : un précédent lourd pour le Grand Est

En 2023, le tribunal administratif de Paris a condamné l’État à indemniser sept victimes, dont 12 000 € pour préjudice moral à une candidate droguée.
L’État est jugé responsable d’avoir failli à protéger ses agentes face à ces dérives persistantes, y compris en région.
Ce volet civil interroge la vigilance des DRAC et services publics alsaciens, au cœur de notre tissu local.