Lors d’une rencontre, Jeanne Barseghian, accompagnée de membres de son équipe, a présenté les grandes lignes de son programme pour un potentiel second mandat. Au cœur de ses propositions : une implication accrue des Strasbourgeois dans les choix qui façonnent leur ville. Face à un contexte mondial où les libertés démocratiques semblent fragilisées, l’édile estime que les collectivités territoriales doivent incarner des espaces privilégiés d’expérimentation citoyenne.

Durant sa première mandature, plusieurs initiatives participatives ont vu le jour dans la capitale alsacienne : consultation sur le projet de tramway au nord, réflexion collective autour du marché de Noël, budgets alloués selon les souhaits des habitants. La restructuration des instances de quartier, passant d’un modèle de comités à des assemblées et ateliers, a néanmoins généré des interrogations.

Davantage d’autonomie pour les représentants de proximité

La candidate écologiste souhaite franchir une nouvelle étape en accordant plus de responsabilités aux élus chargés des différents secteurs de la ville. Ces derniers pourraient obtenir des prérogatives élargies et une capacité de décision accrue sur des sujets spécifiques, évitant ainsi les circuits administratifs trop longs.

Les domaines comme l’aménagement des rues ou l’entretien des espaces verts seraient ainsi gérés directement par ces référents locaux. Cette approche s’inscrit dans une volonté de créer un système où les décisions se prennent au plus près des réalités du terrain, particulièrement pour les zones comptant moins de 60 000 résidents.

Un grand débat citoyen sur la gestion des déchets

Au-delà des quartiers, l’engagement participatif se décline également sur des enjeux stratégiques pour l’agglomération. Un processus délibératif impliquant les habitants est prévu concernant le traitement des ordures et le devenir de l’installation d’incinération. Cette méthode fait écho à d’autres consultations menées récemment sur des projets d’aménagement urbain majeurs comme les places de l’Homme-de-Fer et de Bordeaux.

L’objectif affiché est double : associer les Strasbourgeois aux orientations municipales importantes et créer un dialogue régulier entre la population et les responsables politiques. Des temps d’échange mensuels avec l’exécutif municipal sont ainsi envisagés pour favoriser la transparence et la redevabilité.

Une attention particulière aux publics fragiles

Le programme intègre également la création d’une instance dédiée à l’accessibilité des personnes handicapées. La municipalité affiche sa volonté de combattre activement toutes les formes de discrimination et de mettre en place un dispositif de soutien pour les associations engagées sur ces questions.

L’administration souhaite également accorder davantage de crédit à la connaissance pratique des riverains et des commerçants, considérant que leur expérience quotidienne constitue une expertise précieuse. Pour garantir une meilleure représentation de tous les milieux sociaux, un système de sélection aléatoire des participants aux instances citoyennes pourrait être adopté.

Entre promesses et scepticisme

La question demeure : ces orientations traduisent-elles une véritable transformation du fonctionnement municipal ou relèvent-elles d’une communication électorale ? Certaines voix s’élèvent pour dénoncer une administration trop verticale, où les procédures priment sur l’écoute authentique des préoccupations locales.

Un membre de l’équipe de campagne, admet que des reproches ont été formulés concernant un fonctionnement parfois jugé trop rigide. Le défi consistera à démontrer par des réalisations concrètes que ce projet de participation renforcée n’est pas qu’un slogan.

L’ambition affichée par Jeanne Barseghian est claire : positionner Strasbourg comme une ville pionnière en matière de gouvernance participative. Dans un climat où la confiance envers les institutions s’érode, ce pari sur la proximité et l’implication citoyenne pourrait s’avérer déterminant.