Dans un communiqué publié ce mercredi, Linda Ibiem annonce qu’elle ne portera pas de candidature supplémentaire aux prochaines élections municipales à Strasbourg. Une décision qu’elle présente comme « un acte de responsabilité » face aux divisions croissantes au sein de la gauche locale. Alors que le scrutin approche sur fond d’instabilité politique nationale et de crise budgétaire, cette annonce interroge l’avenir de la gouvernance strasbourgeoise.
Un constat sans appel : l’échec du rassemblement à gauche
Linda Ibiem dresse un bilan sévère de la situation politique strasbourgeoise. Selon elle, « la gauche a d’ores et déjà échoué à se rassembler » dans la capitale alsacienne. Le bilan de la majorité municipale sortante, loin de créer les conditions d’un dépassement collectif, a au contraire entraîné une multiplication des candidatures à gauche.
Cette fragmentation politique soulève des inquiétudes concrètes : les divisions consommées aujourd’hui risquent de se projeter dans le prochain hémicycle municipal, créant un déséquilibre politique tant pour la Ville de Strasbourg que pour l’Eurométropole. Une perspective qui pourrait compliquer la gouvernance d’un territoire déjà confronté à de nombreux défis urbains, sociaux et environnementaux.

Un choix de responsabilité, pas un renoncement
Face à ce paysage politique fragmenté, Linda Ibiem a choisi de ne pas ajouter une candidature supplémentaire aux divisions existantes. Elle se distancie également de la stratégie portée par le Parti socialiste du Bas-Rhin, sans pour autant quitter la scène politique.
« Ce choix n’est ni un retrait, ni un renoncement : c’est un acte politique et un acte de responsabilité« , affirme-t-elle dans son communiqué. Elle pointe du doigt « l’esprit de revanche » qui guiderait certains choix politiques, estimant qu’il constitue davantage un obstacle qu’un projet constructif pour l’avenir de Strasbourg.
Une vision politique exigeante pour Strasbourg
Au-delà de cette non-candidature, Linda Ibiem appelle à un renouveau politique profond. Elle interroge : quelle vision politique et quel projet de société proposer aux Strasbourgeoises et Strasbourgeois, au-delà des crispations et des postures qui entravent toute projection collective ?
Son message est clair : la politique strasbourgeoise doit redevenir « un travail collectif, exigeant et inscrit dans le temps long« . Elle réclame une ligne politique sans ambiguïté, respectueuse de la diversité de la population strasbourgeoise, et appelle les formations de gauche à faire preuve de hauteur et de responsabilité.
Pour Linda Ibiem, la politique ne peut plus se concevoir « ni comme un pari, ni comme une approche dogmatique, et encore moins comme la désignation d’héritiers« . Un positionnement qui résonne particulièrement dans le contexte actuel de défiance citoyenne envers les partis traditionnels.

Un engagement qui se poursuit dans le Grand Est
Loin de se retirer, Linda Ibiem annonce poursuivre son engagement au service des habitantes et habitants de Strasbourg. Elle compte développer de nouveaux outils et formats de discussion, de formation et de débat, à l’échelle de la capitale alsacienne comme à celle du Grand Est.
Son ambition ? « Donner aux générations futures l’envie de s’engager pour un projet politique renouvelé, fondé sur les bases d’un nouveau modèle. » Elle se projette sur le long terme : « dans cinq ans, dans dix ans, retrouver une gauche sensée et consensuelle, dotée d’une colonne vertébrale solide. »
Cette déclaration intervient alors que les formations politiques strasbourgeoises commencent à structurer leurs listes pour les municipales. Si Linda Ibiem ne sera pas candidate, sa voix continuera à peser dans le débat politique local, portant une exigence de renouveau et de clarté que beaucoup d’électeurs strasbourgeois appellent de leurs vœux.
