Un an après sa détention en Algérie, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal sera accueilli ce lundi 26 janvier à Strasbourg pour recevoir en personne la médaille d’honneur de la Ville. Une cérémonie chargée d’émotion qui marque le retour d’un homme libre et célèbre l’indéfectible lien entre l’auteur et la capitale alsacienne.
Un hommage différé devenu symbole de résistance
La médaille d’honneur de Strasbourg avait été attribuée à Boualem Sansal en avril 2025, lors de la clôture de l’année Capitale mondiale du livre. Mais l’écrivain ne pouvait y assister : arrêté par la police algérienne en novembre 2024 à l’aéroport d’Alger. Ce jour-là, c’est Kamel Daoud, prix Goncourt, et Antoine Gallimard, son éditeur, qui avaient reçu la distinction en son nom, transformant la cérémonie en puissant appel à sa libération.
361 jours plus tard, Boualem Sansal est libre. Et ce lundi, Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg, pourra enfin lui remettre personnellement cette médaille qui récompense son engagement pour la paix, la liberté d’expression et ses liens profonds avec la ville.

Strasbourg, ville de refuge et de reconnaissance
Les relations entre Boualem Sansal et Strasbourg ne datent pas d’hier. En avril 2024, l’auteur de 2084 et Le Village de l’Allemand participait à l’ouverture de l’année Capitale mondiale du livre. Sa présence avait marqué les esprits, lui qui n’a cessé de défendre la liberté de pensée dans ses œuvres, souvent au péril de sa sécurité.
Depuis, la ville n’a jamais cessé de le soutenir. Pendant sa détention, Strasbourg s’est mobilisée aux côtés des intellectuels, écrivains et citoyens du monde entier pour réclamer sa libération. Aujourd’hui, cette cérémonie devient bien plus qu’une simple remise de médaille : elle incarne la solidarité entre une ville et un homme qui partage ses valeurs.
Une consécration qui se poursuit
La médaille strasbourgeoise s’ajoute à une autre distinction de poids : le 1er janvier dernier, Boualem Sansal a été nommé chevalier de la Légion d’honneur dans le cadre de la promotion civile. Deux reconnaissances françaises qui saluent un parcours littéraire exceptionnel et un courage rare face à l’oppression.
À 76 ans, Boualem Sansal continue d’incarner cette voix libre et intransigeante qui dérange les pouvoirs autoritaires. Son retour à Strasbourg, ville qui l’a porté dans son absence, prend des allures de victoire symbolique : celle de la culture sur la censure, de la dignité sur l’arbitraire.
