C’est un nouveau coup dur pour l’industrie alsacienne. L’usine Dumarey, implantée au port du Rhin à Strasbourg depuis 1967, va fermer définitivement ses portes. Cette entreprise, anciennement General Motors (GM), fabriquait des transmissions automatiques pour l’industrie automobile et employait jusqu’à 3 000 salariés à son apogée. En juin 2025, 234 salariés ont été licenciés, annonçant la fin programmée de ce site industriel emblématique.

La CGT du Bas-Rhin tire aujourd’hui la sonnette d’alarme dans un communiqué de presse daté du 8 janvier 2026. Pour le syndicat, cette fermeture « était écrite d’avance » et s’inscrit dans une longue série de désindustrialisations qui frappent l’Alsace : BDR, Dietrich, Caddie, Clestra, Duravit, Steelcase, Supra… La liste s’allonge dangereusement.

Un site sacrifié sur l’autel de la rentabilité immédiate

Selon la CGT, la direction de Dumarey-Powerglide a privilégié la rentabilité financière au détriment du développement industriel et du maintien des emplois. Le syndicat pointe du doigt une dépendance excessive au sous-traitant automobile allemand ZF, client principal de l’usine. Malgré les alertes répétées depuis des années sur les risques liés à cette situation, aucune diversification n’a été engagée.

Plus troublant encore : depuis 2017, Guido Dumarey, propriétaire de l’entreprise, se serait versé plus de 100 millions d’euros de dividendes tout en bénéficiant de plus de 35 millions d’euros d’aides publiques. Pour la CGT, cette situation est « scandaleuse » et illustre l’échec d’une politique industrielle qui ne défend pas les intérêts des travailleurs. Le syndicat exige que Guido Dumarey rembourse l’intégralité des aides publiques perçues et trouve une solution pour sauver les 320 emplois menacés.

Un impact social et économique majeur pour le territoire

La fermeture de Dumarey ne se limite pas à la perte de 320 emplois directs. Elle entraîne une cascade de conséquences pour le territoire : précarisation de familles entières, dégradation des services publics locaux, impact sur les petits commerces des environs. Chaque fermeture d’usine en Alsace creuse un peu plus le tissu économique et social de la région.

Face à cette nouvelle saignée industrielle, la CGT appelle les populations, les organisations syndicales, les salariés, les retraités et les élus locaux à se mobiliser massivement pour soutenir les salariés de Dumarey. Le syndicat interpelle directement les pouvoirs publics et le patronat pour organiser une rencontre d’urgence sur les questions de l’emploi industriel en Alsace.

Pour Laurent Feisthauer, secrétaire général de l’UD CGT du Bas-Rhin, et Amar Ladraa, animateur régional et secrétaire fédéral de la Métallurgie CGT, le message est clair : « Cela ne peut plus durer ! »