Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, les forces armées américaines ont mené une opération militaire d’envergure contre le Venezuela. Le président Donald Trump a annoncé la capture et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores. L’opération, baptisée « Absolute Resolve », a mobilisé plus de 150 avions et a été préparée pendant plusieurs mois. De puissantes explosions ont secoué Caracas vers 2 heures du matin, touchant le sud et l’est de la capitale, l’enclave militaire de Fuerte Tiuna, ainsi que l’aéroport et le port de la ville.

Maduro se trouve désormais en détention fédérale à New York, où il fait face à des accusations de narcoterrorisme et de trafic de drogue devant le tribunal du district sud de New York.

Strasbourg répond à l’appel de la solidarité internationale

Face à cette intervention militaire, plusieurs organisations strasbourgeoises ont organisé un rassemblement samedi 3 janvier à 18h, place Kléber. Le collectif réuni comprenait le NPA l’anticapitaliste Strasbourg, la CGT Bas-Rhin, l’ATMF section Bas-Rhin, ainsi que le député LFI Emmanuel Fernandes et Cem Yoldas, candidat aux élections municipales.

Ces organisations ont qualifié l’opération américaine d’« agression impérialiste ouverte et assumée », dénonçant une volonté de changement de régime par la violence. Selon leurs communiqués, l’objectif serait d’exercer un contrôle direct sur le Venezuela, pays détenant les plus grandes réserves de pétrole de la planète.

Les revendications des manifestants strasbourgeois

Les organisateurs du rassemblement à Strasbourg ont porté plusieurs demandes :

  • La libération immédiate de Nicolás Maduro et de son épouse
  • Le respect du droit international
  • La convocation du conseil de sécurité de l’ONU par la France
  • La condamnation de ce qu’ils considèrent comme un « coup d’État impérialiste »

Le député Emmanuel Fernandes a insisté sur la nécessité pour la France de condamner fermement cette intervention et de porter le dossier devant les instances internationales. La CGT a également publié un communiqué national sur son site, détaillant sa position sur la situation vénézuélienne.

L’ATMF section Bas-Rhin a critiqué ce qu’elle qualifie de « honteuses complicités des sous-fifres européens », appelant le gouvernement français à prendre une position plus ferme.

Un contexte de tensions croissantes entre Washington et Caracas

Les relations entre les États-Unis et le Venezuela se sont détériorées depuis l’arrivée au pouvoir du président Hugo Chávez en 1999. Des sanctions sont imposées au Venezuela depuis 2014, après l’élection de Nicolás Maduro à la présidence. En 2020, le couple Maduro avait été inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour des chefs de narcoterrorisme et de complot pour importation de cocaïne.

Donald Trump a justifié l’opération par la lutte contre le narcotrafic et a promis d’investir des milliards de dollars dans l’infrastructure pétrolière vénézuélienne, tout en maintenant l’embargo sur le pétrole du pays.

Réactions internationales contrastées

L’intervention américaine a suscité une condamnation généralisée de nombreux gouvernements régionaux et puissances mondiales. Le président brésilien Lula da Silva a déclaré que les frappes avaient franchi une ligne inacceptable et créé un précédent dangereux. Le Mexique et le Chili ont également fermement condamné l’action.

La Chine et la Russie ont vivement critiqué l’opération, qualifiant l’action américaine de violation flagrante du droit international et d’atteinte à la souveraineté vénézuélienne. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira lundi pour discuter de l’opération américaine, à la demande du Venezuela.

Parallèlement, la cheffe de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025, a salué ce qu’elle considère comme l’arrivée de l’heure de la liberté, estimant que le candidat de l’opposition Edmundo González Urrutia devait assumer immédiatement la présidence.