En mars 2020, les Strasbourgeois ont vécu une élection municipale pleine de surprises. Les sondages pré-électoraux annonçaient pourtant des résultats nets. Mais le soir du scrutin, les écarts se sont révélés bien différents des prévisions. Jeanne Barseghian (EELV) l’a emporté au second tour, alors que plusieurs enquêtes d’opinion la plaçaient derrière les favoris annoncés.

Cette déconnexion entre prévisions et résultats n’est pas un cas isolé. Elle révèle les limites structurelles des sondages en contexte local, où les dynamiques de campagne échappent aux grilles d’analyse nationales.

Pourquoi les sondages se trompent-ils autant en municipales ?

Les élections municipales présentent des particularités que les instituts peinent à capturer. D’abord, les échantillons locaux sont restreints : sonder 500 à 800 personnes pour une ville comme Strasbourg génère des marges d’erreur importantes, parfois supérieures à 5 points.

Ensuite, le facteur de proximité joue un rôle majeur. Les électeurs strasbourgeois votent pour des personnalités qu’ils croisent, des projets qu’ils observent dans leur quartier. Cette dimension hyperlocale échappe aux questionnaires standardisés.

Enfin, la mobilisation de dernière minute bouleverse les projections. En 2020, le contexte sanitaire inédit et le fort taux d’abstention ont modifié la composition de l’électorat effectif, rendant caduques les hypothèses des sondeurs.

Les leçons pour 2026 : regarder au-delà des chiffres

À l’approche des municipales de 2026, les Strasbourgeois seront sans doute bombardés de sondages. Faut-il pour autant les ignorer totalement ? Non, mais il convient de les considérer comme un instantané fragile, et non comme une prédiction fiable.

Les instituts continueront à produire leurs chiffres. Mais l’élection municipale reste avant tout une affaire de terrain, où les certitudes statistiques s’effacent devant la réalité du bulletin de vote. Strasbourg l’a prouvé en 2020. Les électeurs du Bas-Rhin feront-ils mentir les sondeurs une nouvelle fois en 2026 ?