Ce lundi 6 octobre 2025, le collège Jules Hoffmann à Strasbourg a accueilli une opération de sensibilisation inédite. Devant les élèves réunis, un crash test grandeur nature impliquant une trottinette électrique a été organisé pour illustrer les dangers d’une conduite imprudente. Une initiative portée par Marilyne Poulain, préfète déléguée à l’égalité des chances auprès du Préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin, aux côtés de Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg.

L’objectif ? Frapper les esprits pour mieux protéger. Car si les EDPM (engins de déplacement personnel motorisés) se multiplient dans les rues de la capitale alsacienne, les accidents suivent la même courbe. Cette démonstration spectaculaire visait à ancrer dans les consciences des collégiens les risques réels liés à ces modes de transport désormais omniprésents.

Des ateliers pédagogiques pour compléter le dispositif

Au-delà du choc visuel du crash test, plusieurs ateliers pédagogiques ont permis aux jeunes Strasbourgeois d’approfondir leurs connaissances. Règles de circulation, équipements obligatoires, comportements à risque : autant de thématiques abordées de manière interactive pour transformer la prise de conscience en changement durable des pratiques.

Cette action s’inscrit dans une démarche plus large menée conjointement par l’État et la Ville de Strasbourg pour améliorer la sécurité routière dans la cité de l’Ill. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les infractions et accidents liés aux trottinettes électriques restent préoccupants, particulièrement chez les jeunes utilisateurs.

Ce que dit la loi

Depuis le 25 octobre 2019, les EDPM sont reconnus par le code de la route comme une catégorie de véhicules à part entière. Un cadre réglementaire renforcé en août 2023 est venu préciser les règles pour sécuriser leur usage et protéger les piétons, notamment les plus vulnérables.

Deux interdictions absolues à retenir : pas de conduite avant 14 ans et assurance obligatoire. Ces règles ne sont pas négociables et leur non-respect expose à des sanctions. Le propriétaire de l’EDPM doit impérativement souscrire une assurance, même dans le cadre d’une location en libre-service.

En agglomération strasbourgeoise, la circulation sur trottoir est prohibée sauf autorisation spécifique. Les pistes et bandes cyclables sont prioritaires, et en leur absence, seules les routes limitées à 50 km/h maximum sont autorisées. Hors agglomération dans le Bas-Rhin, seules les voies vertes et pistes cyclables restent accessibles.

Équipements et sanctions : ce qui change la donne

Pour circuler légalement, votre trottinette doit être équipée de feux avant et arrière, de catadioptres, d’un système de freinage et d’un avertisseur sonore. La vitesse maximale autorisée est plafonnée à 25 km/h, parfois moins selon les municipalités.

De nuit ou par mauvaise visibilité, le port d’un équipement rétro-réfléchissant devient obligatoire, même en ville. Le casque, bien que non obligatoire en agglomération, reste vivement recommandé.

Côté sanctions, les infractions coûtent cher : 135 euros pour un passager transporté, une circulation sur voie interdite ou un débridage de l’engin. Le montant grimpe à 1 500 euros si votre EDPM dépasse les 25 km/h par construction. Des amendes de 35 euros sanctionnent l’absence d’équipement réfléchissant ou le fait de tracter une charge.

Strasbourg mobilisée pour des déplacements plus sûrs

L’événement du collège Jules Hoffmann témoigne d’une volonté politique forte de faire évoluer les comportements avant que les accidents ne se multiplient. En misant sur la prévention auprès des plus jeunes, les autorités locales espèrent construire une culture de la sécurité routière adaptée aux nouveaux modes de déplacement urbain.

Car au-delà des règles et des amendes, c’est bien la responsabilité individuelle de chaque utilisateur qui fera la différence dans les rues de Strasbourg. Une trottinette électrique reste un véhicule motorisé, avec les risques et les devoirs que cela implique.