Une semaine après son élection à Kirrwiller, Julie Decroix, Miss Alsace 2025, continue d’être la cible d’un flot de commentaires racistes sur les réseaux sociaux. Ces attaques, d’une violence rare, ont désormais franchi un cap : le parquet de Paris a été saisi et une enquête est en cours pour identifier les auteurs.

Cette affaire, que StrasInfo révélait dès le 29 juin, prend désormais une dimension nationale. Mais elle pose aussi une question très locale, très actuelle : que dit le silence relatif de nos institutions et de nos responsables face à cette haine ?

📍 Une vague de haine dans le Bas-Rhin, des soutiens encore timides

Julie Decroix est strasbourgeoise. Elle représente l’Alsace. Pourtant, les soutiens publics restent peu nombreux, ou du moins très discrets. Bien sûr, quelques voix se sont élevées – notamment chez certains élus et associations antiracistes. Mais aucun front commun fort, aucun sursaut politique large, comme on a pu le voir dans d’autres affaires de racisme récentes.

Et c’est précisément cela qui dérange : l’écart entre la gravité des faits et la faiblesse des réactions. En 2025, dans une région aussi diverse que le Bas-Rhin, une jeune femme devient Miss Alsace et se voit immédiatement renvoyée à sa couleur de peau. Et pourtant, l’indignation reste contenue. Comme si ce racisme-là n’était pas “assez choquant” pour provoquer un consensus.

⚖️ Le parquet de Paris, pour une affaire née ici

Ce n’est pas la justice locale mais le parquet de Paris, spécialisé dans la haine en ligne, qui est saisi. C’est dire l’ampleur de la situation. Insultes, appels à la “vraie Alsace”, menaces à peine voilées : tout y est.

Pour Julie Decroix, cette mise en lumière nationale est un double fardeau. D’un côté, une violence numérique banalisée. De l’autre, le poids du symbole : celui d’une Alsace plurielle que certains refusent de voir.

🧭 Une élection révélatrice d’un malaise profond

En 2025, la diversité est toujours perçue comme une provocation par certains. Et cette affaire le rappelle brutalement : le racisme ne disparaît pas, il se déplace, se digitalise, mais persiste.

L’Alsace, malgré son image progressiste, n’est pas épargnée. Cette vague haineuse ne vient pas “d’ailleurs” : elle vient d’ici, des fils de commentaires alsaciens, des voix locales. Et c’est tout un territoire qui devrait s’interroger.