À Eckbolsheim, commune de l’Eurométropole de Strasbourg, 23 habitants ont officiellement intégré le dispositif de participation citoyenne, suite à la signature du protocole en mairie la semaine dernière. La Maire Isabelle Halb, la sous-préfète Cécile Rackette et des représentants de la Gendarmerie nationale ont entériné ce partenariat en présence des nouveaux volontaires.
Ce dispositif, déjà expérimenté dans plusieurs communes du Bas-Rhin, vise à renforcer la prévention de la délinquance à l’échelle locale grâce à un maillage d’habitants référents, formés à signaler les comportements suspects.
👀 Des citoyens vigies : de l’entraide à la surveillance ?
Concrètement, les citoyens référents ne remplacent pas les forces de l’ordre. Leur rôle est d’alerter la Gendarmerie lorsqu’un fait inhabituel ou suspect est observé dans leur environnement. Ce réseau repose sur des valeurs de solidarité, de civisme et de prévention partagée.
Mais ce nouveau rôle soulève des interrogations.
Peut-on déléguer une part de la vigilance sécuritaire à des habitants ? Ce regard citoyen va-t-il favoriser le lien social ou risquer de glisser vers une société de méfiance et de signalements injustifiés ? La frontière entre veille bienveillante et délation pourrait-elle s’effacer ?

👥 Une formation encadrée, un lien direct avec la Gendarmerie
Les référents bénéficieront d’une formation encadrée par la Gendarmerie, et seront identifiés dans leur voisinage. L’objectif affiché : amplifier les capacités de prévention et fluidifier la communication entre population et forces de l’ordre. La Gendarmerie restera seule habilitée à intervenir ou qualifier les faits.
Ce modèle participatif, qui se veut citoyen et non coercitif, s’inscrit dans une volonté nationale de renforcer les liens entre l’État et les territoires — mais sa mise en œuvre locale appelle à une vigilance… citoyenne.
