Samedi 5 juillet, une marche blanche a rassemblé environ 3 500 personnes à Mertzwiller (Bas-Rhin), en soutien aux salarié·es de l’usine De Dietrich-BDR Thermea, menacée de fermeture. L’enjeu est de taille : 370 emplois sont en jeu, dans une entreprise emblématique de l’industrie locale.
Soutenu·es par plusieurs syndicats, des habitant·es, militant·es et élu·es locaux se sont mobilisé·es pour défendre l’emploi, la filière industrielle alsacienne et le savoir-faire ouvrier de la région. L’événement se voulait unitaire, pacifique, centré sur les revendications sociales.
🔹 L’apparition du député RN crée la controverse
Mais la matinée a été marquée par une polémique politique majeure : la prise de parole surprise du député RN de la circonscription, Théo Bernhardt, sur la scène à l’issue de la marche.
Initialement, un accord intersyndical avait été annoncé pour réserver les prises de parole aux seuls représentants syndicaux. Mais selon plusieurs sources syndicales, cet accord aurait été remis en question le matin même.
L’arrivée du député RN entouré d’un service d’ordre privé, suivie de son intervention avant même celle du secrétaire confédéral de FO, a déclenché une vague d’indignation, notamment de la part de la CGT du Bas-Rhin et de militant·es de gauche. Ces derniers ont dénoncé la banalisation d’une figure d’extrême-droite dans un mouvement social.

🔹 Tensions sur le terrain : des militant·es évacué·es
Des témoignages concordants relatent des heurts entre le service d’ordre privé et des manifestant·es qui protestaient pacifiquement par des chants antifascistes. Plusieurs militant·es auraient été repoussé·es physiquement, parfois remis·es aux forces de l’ordre, ce qui a été fermement condamné par la France Insoumise 67 et la CGT.
Les deux organisations dénoncent une forme de compromission politique, regrettant que la parole ait été accordée uniquement au député RN, alors que des élu·es de plusieurs bords étaient présents sans s’exprimer.

🔹 Une fracture syndicale et politique au cœur du Bas-Rhin
Cette séquence révèle des fractures profondes au sein du front syndical local. Tandis que FO et la CFE-CGC ont maintenu une posture dite « apolitique », la CGT affirme qu’aucune lutte pour l’emploi ne peut justifier de tendre la main à l’extrême droite.
Pour les syndicats opposés à cette prise de parole, la priorité reste la même : le maintien de l’activité industrielle à Mertzwiller. Mais les méthodes divergent, et les tensions de samedi pourraient laisser des traces durables dans le paysage syndical local.

🔹 Un enjeu crucial pour l’industrie et l’emploi dans le Nord Alsace
Au-delà des querelles politiques, la situation de BDR Thermea à Mertzwiller interpelle. Dans un territoire marqué par les restructurations industrielles, la défense des 370 emplois apparaît comme un combat emblématique pour l’avenir économique du Nord de l’Alsace.
Les mobilisations vont se poursuivre, sur fond d’appel à l’unité syndicale et de rejet de toute récupération politique.
