Le Conseil municipal de Strasbourg sera amené à voter, lundi 20 mai, une motion en défense des libertés fondamentales. L’élue Soraya Ouldji propose un texte s’opposant à la dissolution d’Urgence Palestine et de la Jeune Garde, jugée dangereuse pour la démocratie.

Strasbourg, capitale européenne et ville des droits humains, pourrait bientôt se positionner sur un sujet brûlant : la multiplication des dissolutions administratives d’associations engagées. Une motion portée par l’élue indépendante Soraya Ouldji sera soumise au vote lors du Conseil municipal de ce lundi.

Dans un post publié sur Facebook, l’élue alerte : « Un triste record de dissolutions d’associations ou de groupements ont été prononcés ces dernières années : un signal inquiétant pour notre démocratie. » Elle pointe l’usage de la dissolution par le pouvoir comme « un possible outil de restriction de nos droits » et appelle Strasbourg à se positionner « pour nos libertés et nos droits », et donc « contre la dissolution de Urgence Palestine et de la Jeune Garde ».

Une motion en défense des droits fondamentaux

Le texte de la motion, affirme l’inquiétude du Conseil municipal face aux annonces de dissolution de ces deux collectifs. Il dénonce une atteinte grave à la liberté d’expression, à la liberté d’association et au droit fondamental à la solidarité internationale.

La motion rappelle que « ces dissolutions soulèvent des questions fondamentales sur l’avenir de nos libertés publiques et plus largement de notre démocratie. »

Elle cite notamment la Ligue des Droits de l’Homme, qui estimait le 5 mai dernier que « le pouvoir de dissoudre une organisation ne peut devenir un outil politique de censure. » Amnesty International, ainsi que Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU, ont également exprimé leurs inquiétudes à ce sujet.

Deux poids, deux mesures ?

La motion insiste particulièrement sur le cas de la Jeune Garde, un mouvement se revendiquant de la lutte antifasciste. « Il est particulièrement préoccupant qu’une organisation se revendiquant de la lutte antifasciste fasse l’objet d’une telle procédure, alors même que plus d’un millier de militants d’extrême droite ont défilé ce 10 mai dernier, en plein cœur de Paris, certains masqués et agitant des symboles renvoyant à l’idéologie fasciste et aux jeunesses hitlériennes. »

Ce passage souligne ce que ses auteurs perçoivent comme un déséquilibre dans l’application des mesures de sécurité et de maintien de l’ordre public.

Une position attendue de Strasbourg

Par cette motion, le Conseil municipal de Strasbourg pourrait :

  • Réaffirmer son attachement aux libertés d’expression, d’association et de manifestation,
  • Soutenir le droit à la solidarité internationale face à l’injustice,
  • Rappeler que « la démocratie repose sur le pluralisme des voix, y compris celles qui contestent les politiques dominantes »,
  • Et enfin, exprimer son opposition à la dissolution d’Urgence Palestine et de la Jeune Garde.

Le vote prévu lundi pourrait constituer un geste politique fort, dans une ville reconnue pour son engagement en faveur des droits humains. Il s’inscrit dans un contexte national marqué par des débats croissants autour de l’usage des dissolutions administratives à des fins politiques.