Les chiffres publiés par Les Dernières Nouvelles d’Alsace jettent une lumière crue sur la situation financière de Strasbourg. Selon le rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC), la dette de la Ville a connu une envolée spectaculaire depuis 2020, passant de 203 à 378 millions d’euros, soit une hausse de 86 % en l’espace d’un mandat. Une évolution que l’institution juge « préoccupante » dans son analyse, pointant un rythme d’endettement sans précédent.
Hausse des impôts et baisse de la qualité des services
L’équipe municipale conduite par la maire Jeanne Barseghian (EELV) est vivement critiquée pour sa gestion. L’opposant municipal Jean-Philippe Vetter (LR) a réagi dans un communiqué diffusée sur Facebook : « En cinq ans, l’équipe actuelle a fait exploser l’endettement comme aucun maire avant elle – tous mandats et toutes sensibilités politiques confondus », déclare-t-il. Il déplore aussi une hausse de 5 % des impôts locaux, des tarifs de stationnement et de transports en commun en progression, ainsi qu’une explosion de +300 % de la fiscalité à l’échelle de l’Eurométropole.
Les critiques concernent également la qualité des services publics : horaires réduits dans les musées, pression accrue sur les associations, dégradation des équipements publics… « Les services rendus se dégradent, alors que les citoyens paient plus », résume Jean-Philippe Vetter.

Des choix politiques contestés
L’équipe municipale, engagée dans une transition écologique ambitieuse, défend ses choix en invoquant la nécessité d’investir dans des projets de long terme : rénovation thermique des bâtiments publics, développement des mobilités douces, végétalisation de l’espace urbain. Mais pour une partie de l’opposition et des habitants, ces investissements peinent à convaincre face à l’urgence sociale et au quotidien des Strasbourgeois.
Une année charnière à venir
À un an des prochaines élections municipales, le débat s’intensifie. L’équipe de Jeanne Barseghian aura la lourde tâche de démontrer que les investissements engagés produiront des effets concrets pour les habitants, sans alourdir davantage une dette déjà jugée préoccupante.
Dans un contexte d’inflation et de pressions budgétaires accrues pour les collectivités, Strasbourg se trouve à la croisée des chemins : poursuivre la transition écologique coûte que coûte, ou réorienter ses priorités vers une gestion plus pragmatique des finances et des services publics.
