Malgré une enveloppe de 503 000 euros allouée par l’État, le poste de gestionnaire de lits aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) n’a toujours pas été pourvu. Cette information révélée par Le Canard Enchaîné dans son édition du mercredi 7 mai soulève de nombreuses questions sur la gestion de la crise que traversent les urgences strasbourgeoises.
Un poste essentiel réclamé depuis 2020
Réclamé depuis 2020 par le personnel médical, ce poste de « bed manager » devait permettre de fluidifier le parcours des patients aux urgences. Sa mission principale : identifier les lits disponibles dans les différents services hospitaliers afin de désengorger les urgences, notoirement surchargées.
Cette tâche purement logistique incombe actuellement aux médecins urgentistes eux-mêmes, qui doivent consacrer un temps précieux à la recherche de places d’hospitalisation, au détriment du temps de soin accordé aux patients. Un courriel confidentiel de l’Agence régionale de santé, cité par l’hebdomadaire satirique, questionne l’utilisation des fonds dédiés à ce poste.

Des alertes répétées ignorées
Face à la dégradation continue des conditions de travail et d’accueil aux urgences, les syndicats ont multiplié les actions. Depuis le début de l’année 2025, Force ouvrière et la CFDT ont exercé leur « droit d’alerte pour danger grave et imminent » à huit reprises, signe d’une situation devenue critique.
En septembre 2023, confrontée à une succession de crises, la direction des HUS avait communiqué sur une série de mesures destinées à améliorer la situation aux urgences. Parmi ces engagements figurait justement la création d’un poste de gestionnaire de lits.
Plus d’un an et demi plus tard, cette promesse reste lettre morte malgré le financement accordé par l’État. Une situation que le syndicat Force ouvrière avait même qualifiée de « non-assistance à personnes en danger« .

Quelle utilisation des fonds publics ?
La question soulevée par Le Canard Enchaîné sur l’utilisation des 503 000 euros attribués spécifiquement pour ce poste reste sans réponse claire. Cette somme importante aurait dû permettre non seulement le recrutement d’un coordinateur, mais également la mise en place d’un système efficace de gestion des lits hospitaliers.
Pour l’heure, les urgences de Strasbourg continuent de fonctionner dans des conditions difficiles, tandis que patients et personnel soignant attendent toujours des solutions concrètes pour désengorger ce service essentiel à la santé publique strasbourgeoise.
