Alors que les tensions économiques internationales se multiplient et que les incertitudes pèsent sur les entreprises du Grand Est, les groupes politiques du Conseil régional ont récemment pris la parole pour exprimer leurs positions. À la veille des élections européennes et dans un contexte de ralentissement économique, chacun propose ses solutions pour préserver l’emploi, soutenir les entreprises et défendre les valeurs qu’il porte. StrasInfo fait le point.

La Majorité régionale veut renforcer la résilience économique

Le groupe majoritaire Les Républicains, centristes et indépendants met en avant son engagement à défendre l’économie régionale face aux nouvelles menaces commerciales, notamment en provenance des États-Unis. En réaction à l’annonce de Donald Trump d’augmenter les droits de douane sur les importations européennes — jusqu’à 25% sur l’acier, l’aluminium ou l’automobile — la Région Grand Est, fortement exportatrice, se dit exposée.

« Notre région dispose de nombreux produits appréciés outre-Atlantique, comme le champagne ou les vins, sans compter un tissu industriel dense dans l’automobile et les fonderies », rappelle le groupe. Pour faire face, la majorité régionale a mis en place une task force économique avec l’État pour accompagner la transformation industrielle et soutenir la résilience des entreprises locales.

Le Rassemblement national alerte sur la hausse du chômage entrepreneurial

De son côté, le Rassemblement national et apparentés dénonce une dégradation des indicateurs économiques dans la région. Selon une étude de l’association GSC en partenariat avec Altares, le chômage des chefs d’entreprise a bondi de 13,3 % en un an dans le Grand Est, atteignant un « niveau record » depuis 2015. Le groupe critique vivement l’inaction de l’exécutif régional et appelle à une rupture avec « les orientations nationales » jugées néfastes, ainsi qu’avec un « écologisme punitif zélé ». Il plaide pour une politique « pro-entreprises » plus assumée.

Les centristes plaident pour plus d’Europe locale

Le groupe Centristes et territoires appelle quant à lui à renforcer les coopérations transfrontalières dans le Grand Est, en insistant sur le rôle de la région comme laboratoire de l’intégration européenne. Face aux crises — guerre en Ukraine, tensions commerciales, inflation — il estime que « plus d’Europe » est la réponse.

Le groupe souhaite accentuer les collaborations avec les pays voisins (Allemagne, Luxembourg, Belgique) dans des domaines comme le bilinguisme, la transition énergétique ou encore la recherche et l’innovation, pour construire une Europe « du quotidien » au service des habitants du Grand Est.

Les écologistes dénoncent un recul démocratique et environnemental

Le groupe Les écologistes s’insurge contre une série de suppressions d’instances consultatives opérées par le gouvernement dans le cadre d’une réforme de simplification. Parmi les structures supprimées figurent l’Agence de financement des infrastructures de transports ou encore le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique.

Si certaines institutions comme les CESER (Conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux) ont pu être préservées grâce à l’action des élus de gauche et écologistes, le groupe dénonce « la liquidation de nos protections écologistes, sociales et démocratiques », estimant qu’elle affaiblit le rôle de la société civile dans la construction des politiques publiques.

La gauche solidaire fustige le manque de clarté budgétaire

Enfin, le groupe La gauche solidaire et écologiste critique l’absence de transparence budgétaire de la majorité régionale. Selon lui, malgré une révision des contraintes budgétaires nationales, aucun ajustement n’a été proposé au niveau régional. Il déplore des baisses de subventions non justifiées, la disparition de certains dispositifs comme la motorisation à faible émission, ainsi qu’un gel de plusieurs mois des aides DIVA’P et INVEST’ASSO destinées aux associations.

Le groupe appelle à « stabiliser les dispositifs d’aide » pour améliorer la lisibilité des politiques régionales et rétablir un climat de confiance avec les acteurs du territoire.


Face à des défis multiples — économiques, sociaux, climatiques et géopolitiques — les élus régionaux du Grand Est proposent des visions contrastées. Les mois à venir diront quelle orientation sera retenue pour répondre aux attentes des habitants et des forces vives du territoire.