Les locataires strasbourgeois font face à une flambée sans précédent de leurs charges locatives, avec des augmentations allant jusqu’à 230% pour le chauffage et 440% pour l’eau chaude. La Confédération Syndicale des Familles (CSF) du Bas-Rhin tire la sonnette d’alarme sur cette situation qui frappe particulièrement les habitants des logements gérés par Alsace Habitat.
Des factures qui explosent
La fin du bouclier tarifaire sur le gaz en juillet 2023 et le maintien à des niveaux élevés des prix de l’énergie ont eu des conséquences dramatiques sur les décomptes de charges reçus par les locataires en 2024. Après analyse des régularisations de charges pour l’année 2023, la CSF 67 a constaté des augmentations démesurées par rapport aux années précédentes.
« À consommation constante, le volume des charges a subi une inflation allant jusqu’à 230% pour le chauffage et 440% pour l’eau chaude« , indique l’organisation. Une situation particulièrement préoccupante pour les locataires d’Alsace Habitat, qui se sont présentés en nombre aux permanences de l’association syndicale en 2024 et 2025.

Un bras de fer engagé avec le bailleur
Ce n’est pas la première fois que la CSF intervient auprès d’Alsace Habitat concernant les charges locatives. En 2023, l’organisation avait déjà convoqué le bailleur devant la Commission Départementale de Conciliation, contestant la validité des décomptes de charges de 350 locataires sur trois ans. Une action qui avait abouti, en mars 2024, à une décision contraignant le bailleur à mettre ses décomptes en conformité.
Face aux nouvelles anomalies constatées, la CSF a de nouveau interpellé Alsace Habitat fin octobre 2024. Suite à une réunion de concertation tenue le 3 décembre 2024, le bailleur a transmis des données techniques de consommations et de coûts facturés par les fournisseurs d’énergies.
Si l’analyse de ces données n’a pas révélé « d’anomalies systémiques » justifiant une contestation juridique globale, l’association a néanmoins identifié des « situations individuelles qui révélaient un mode de répartition erroné« , qu’elle a fait corriger.
Des inquiétudes pour les prochains décomptes
La CSF exprime déjà son inquiétude concernant les décomptes de charges pour l’année 2024, qui seront adressés aux locataires à partir de l’été prochain. L’organisation craint que la situation ne s’améliore pas significativement pour les ménages déjà fragilisés.
Des revendications concrètes
Face à cette situation, la CSF formule plusieurs revendications à l’attention d’Alsace Habitat et des autres bailleurs sociaux :
- La mise en œuvre d’une stratégie d’approvisionnement énergétique permettant de bénéficier de taux de TVA réduit
- La transmission des relevés individuels de consommation avec les décomptes de charges détaillés
- Un accès facilité aux pièces justificatives des décomptes pour les locataires
- Une communication plus claire et anticipée sur les montants des charges locatives
Au niveau gouvernemental, l’organisation revendique également :
- La fin de la libéralisation du marché de l’énergie engagée en 2007 et la nationalisation des fournisseurs d’énergie
- Un soutien massif aux bailleurs et collectivités pour la réhabilitation thermique des bâtiments
- Le développement de la production d’énergies alternatives
- La mise en place de réseaux de chaleur favorisant un mix énergétique excluant les énergies fossiles
À l’heure où la précarité énergétique touche un nombre croissant de foyers, cette situation met en lumière la vulnérabilité particulière des locataires du parc social face aux fluctuations du marché de l’énergie. La CSF 67 continue de proposer un accompagnement individuel ou collectif aux locataires concernés afin de vérifier la régularité des charges qui leur sont facturées.
