Un échange animé sur Facebook entre Abdelkarim Ramdane, adjoint à la maire de Strasbourg, et Mourad Oualit, président du FCOSK06, a mis en lumière des tensions sur des sujets aussi variés que la solidarité internationale, l’écologie et les priorités locales. Les commentaires des deux hommes révèlent des divergences profondes concernant la politique de la municipalité écologiste et les priorités d’investissement, notamment dans le domaine sportif.

Le débat a été déclenché par une publication de Ramdane, annonçant qu’il se rendait à Istanbul, accompagné de sa collègue Khadija Ben Annou, pour représenter la ville de Strasbourg dans son soutien à Pınar Selek, une militante turque accusée de terrorisme. Ramdane a précisé que cette action s’inscrivait dans un soutien constant de la ville à des causes de justice internationale. « Avec ma collègue élue Khadija Ben Annou direction #Istanbul pour représenter la ville de Strasbourg dans son soutien constant à Pınar Selek. Pour un acquittement définitif« , avait-il écrit, ajoutant les hashtags #JusticePourPinarSelek.

Cependant, cette initiative n’a pas été du goût de Mourad Oualit, président du FCOSK06, un club de football amateur de Strasbourg. Oualit a réagi sur Facebook, soulignant ce qu’il percevait comme une incohérence dans la politique écologique de la municipalité. « Donc si je comprends bien, la municipalité écologiste a décrété qu’elle ne participait plus au financement de projets, séjours sportifs, culturels, humanitaires à l’étranger dès lors que le déplacement se fait en avion. Mais pendant ce temps, la maire part avec une délégation au Brésil, Pia IMBS au Japon, et vous deux en Turquie« , a écrit Oualit, mettant en évidence ce qu’il considérait comme une contradiction entre les principes écologiques de la ville et la réalité des déplacements à l’étranger.

La réponse d’Abdelkarim Ramdane ne s’est pas fait attendre. Il a défendu la démarche de solidarité internationale de la municipalité et accusé Oualit de critiquer systématiquement les actions de la ville, en particulier lorsqu’elles sont menées à l’international. « On voit bien que la solidarité internationale te dérange et excuse-nous de la faire vivre », a répliqué Ramdane. Il a poursuivi en reprochant à Oualit de critiquer derrière un « petit écran avec des caricatures puériles » et a conclu son message par cette remarque : « Je vois que tes amies de droite apprécient. »

Mourad Oualit a continué l’échange, redirigeant le débat vers une question plus locale, celle du soutien aux clubs de football de Strasbourg. « Essaye déjà de soutenir l’Internationale Meinau Académie, club de foot de ton quartier… ça sera déjà pas mal dans le domaine ‘INTERNATIONALE’ », a-t-il répondu. Mourad Oualit, qui a longtemps été porte-parole de l’Union Football Strasbourg (UFS), a profité de cette occasion pour rappeler à Ramdane son engagement passé et sa défense des clubs sportifs locaux.

En effet, Oualit a été une figure marquante des discussions autour des infrastructures sportives à Strasbourg. Il avait exprimé à plusieurs reprises sa frustration face à ce qu’il considérait comme une gestion insuffisante des équipements sportifs pour les clubs amateurs. Lors de manifestations de clubs de football locaux, Oualit avait même lancé une menace envers la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian « On pourrira la fin de son mandat s’il faut lui pourrir« . Cette déclaration marquait une rupture nette avec l’équipe municipale actuelle et révélait les tensions persistantes entre Mourad Oualit et la municipalité.

Ramdane, ne souhaitant pas prolonger davantage la polémique, a rapidement mis fin à l’échange. « Et hop tu rebondis sur un autre sujet qui n’a rien à voir… je n’ai pas le temps de polémiquer sur les réseaux avec toi afin que tu puisses faire plaisir à tes soutiens macronistes« , a-t-il rétorqué, en conclusion de la discussion.

Cet échange sur Facebook met en évidence les divergences profondes entre deux personnalités politiques locales. D’une part, Abdelkarim Ramdane défend la solidarité internationale comme un engagement nécessaire, lié aux valeurs de la ville, tandis que Mourad Oualit, tout en soulignant la nécessité d’un soutien local, critique ce qu’il perçoit comme des incohérences dans la politique écologique de la municipalité. Si les tensions sont nettes sur ces sujets, elles reflètent également des priorités politiques parfois opposées, où l’internationalisme et la gestion locale se confrontent.