Les syndicats de journalistes SNJ-CGT, L’EST média-CGT, CFDT-Communication et SNJ ont lancé vendredi dernier un appel sans précédent aux journalistes du Républicain Lorrain, de l’Est Républicain et de Vosges Matin. Dans un communiqué daté du 21 mars 2025, ils invitent les rédactions à se prononcer sur une motion de défiance envers leur rédacteur en chef, Sébastien Georges.
Une confiance brisée entre la rédaction et sa direction
« La dernière digue a cédé, entre lui et nous« , peut-on lire dans ce document intersyndical qui dénonce un « management borné et brutal« . Les organisations syndicales évoquent l’effondrement du « rempart de confiance » qui existait entre les journalistes et leur hiérarchie, notamment après le départ de quatre rédacteurs en chef adjoints du pôle ERV (Est Républicain – Vosges).
Le texte pointe particulièrement le départ de la personne « choisie pour seconder le rédacteur en chef dans le domaine du numérique« , créant une « brèche incolmatable » dans l’organisation. Actuellement, ce sont deux autres rédacteurs en chef adjoints qui « s’écroulent« , après de longs mois à tenter de « raisonner celui qui, depuis 2018, est censé représenter les rédactions« .

Des méthodes managériales contestées
Les syndicats dénoncent une stratégie de « partenariats d’Ebra développée au détriment d’une déontologie pourtant ancrée dans les fondements de la profession« . Selon eux, les journalistes sont « usés par des missions qui ne cessent d’augmenter proportionnellement à la perte de sens« .
Le document fait état de « pratiques managériales dignes de l’industrie » et d’un « management toxique » dont la direction aurait été alertée régulièrement. Les représentants syndicaux affirment que le rédacteur en chef considère « être un cadre proche de son équipe comme un défaut« , à l’opposé des principes de « hiérarchie ouverte au dialogue » qu’ils défendent.
Une verticalité des décisions contestée
« La verticalité des décisions est devenue insupportable« , poursuivent les syndicats, qui rapportent que face aux questionnements, les responsables répondent souvent : « Je suis d’accord avec toi, mais c’est comme ça« . Le texte dénonce également les demandes de « loyauté » exigées des chefs d’équipe, tandis que le dialogue avec les journalistes de terrain serait rompu « depuis bien longtemps« .

Un vote de défiance organisé prochainement
Face à cette situation, que les syndicats jugent être un problème « encore accentué et crûment révélé par les arrêts maladie simultanés de deux rédacteurs en chef adjoints« , ils appellent à une action collective. Une motion de défiance sera soumise prochainement par mail aux journalistes des trois titres avec une question claire : « faites-vous confiance à votre rédacteur en chef ?«
L’objectif affiché est d’obtenir « la démission de Sébastien Georges » afin de « retrouver la flamme » et le sens du métier de journaliste que beaucoup auraient perdu, poussant certains à quitter la profession.
Ce mouvement intervient dans un contexte déjà tendu pour la presse quotidienne régionale, confrontée à des défis économiques majeurs et à une transformation numérique qui bouleverse les pratiques professionnelles traditionnelles.
