Ce jeudi 13 mars 2025, le tribunal de Strasbourg a été le théâtre d’un procès pour le moins déroutant. Deux hommes sans domicile fixe, âgés de 28 et 26 ans, comparaissaient pour une série de vols et de dégradations commis entre janvier et février. Pourtant, loin d’afficher de la contrition, les accusés ont ricané tout au long de l’audience, obligeant la présidente à plusieurs rappels à l’ordre.
Un procès étonnant et détaché
Identifiés par des caméras de surveillance, les deux prévenus s’étaient lancés dans un véritable marathon de cambriolages. Lycée Jean-Geiler, restaurant Pan y Vino et Umaï Ramen. En l’espace de quelques semaines, ils ont volé du matériel électronique, des bouteilles d’alcool et des fonds de caisse des commerces ciblés.
Certains faits ont particulièrement marqué l’audience. Dans la nuit du 21 janvier, après avoir fracturé la porte du lycée Jean-Geiler pour voler ordinateurs et enceintes connectées, l’un des accusés a laissé une « signature » peu commune : il a déféqué dans le gymnase. Interrogé sur cet acte, il a répondu avec détachement : » Je ne me sentais pas bien. «

Vols multiples justifiés par la précarité
Face à la présidente, les prévenus ont assumé leurs actes sans hésitation. « On fait la manche, on n’a pas de quoi se nourrir« , ont-ils tenté de justifier. L’un d’eux, déjà incarcéré pour d’autres faits, a même déclaré être « content d’être en prison« , affirmant ne plus se droguer, de suivre ses soins et avoir « des objectifs« .
Le procureur, soulignant la récidive et la multiplication des infractions, a requis 12 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt et interdiction de contact entre les accusés pendant deux ans.
Les avocats de la défense ont plaidé la précarité extrême et l’addiction de leurs clients. L’un d’eux a insisté sur le fait que « ces vols ont été commis sans violence, sans armes ni outils« , évoquant des « vols alimentaires » et interrogeant les montants des préjudices réclamés, qui lui semblaient disproportionnés au regard des éléments du dossier.

Une condamnation ferme
Finalement, le tribunal n’a pas entièrement suivi les réquisitions du parquet. Les deux accusés ont été condamnés à 12 mois de prison, dont 6 mois ferme avec mandat de dépôt et 6 mois de sursis probatoire sur deux ans, assortis d’une obligation de formation / travail et de soins. Ils ont donc été incarcérés immédiatement à la prison de Strasbourg.
