Roland Ries, ancien maire de Strasbourg, connu pour sa discrétion sur les réseaux sociaux depuis son retrait de la vie politique active, a fait une intervention remarquée sur Facebook ce mercredi. Dans un texte empreint de gravité et d’émotion, il a dénoncé avec force l’arrestation de l’écrivain algérien Boualem Sansal, en appelant à sa libération immédiate.
Un engagement pour la liberté d’expression
Dans son message, Roland Ries a souligné l’attachement historique de Strasbourg aux droits de l’homme et à la liberté d’expression. Ville d’accueil de nombreux auteurs et intellectuels engagés, Strasbourg a vu Boualem Sansal participer à plusieurs événements emblématiques comme les Bibliothèques idéales ou le Forum mondial de la démocratie. Ce dernier avait même lancé un appel à la paix depuis la capitale alsacienne en 2012, en tandem avec l’écrivain israélien David Grossman.
« Museler un auteur talentueux qui s’est toujours exprimé librement en condamnant l’islamisme radical (…) ce serait faire fi des valeurs qui ont fondé l’Europe« , écrit Roland Ries, dans un texte où il exhorte les autorités algériennes à « revenir à la raison« . Une déclaration rare pour cet ancien élu socialiste, peu enclin à commenter l’actualité depuis la fin de son mandat.

Un silence critiqué sur l’actualité locale
Cette prise de parole, bien que saluée pour sa pertinence et son courage, soulève aussi des questions sur le silence persistant de l’ancien maire sur d’autres sujets locaux ou nationaux. Roland Ries a en effet choisi de ne pas s’exprimer sur plusieurs faits marquants récents, notamment les débats autour des politiques de son successeur, Jeanne Barseghian, ou des enjeux nationaux touchant directement son ancien parti, le PS.
Pour certains observateurs, cette intervention sur Boualem Sansal marque une forme de « retour inattendu » dans l’arène publique, mais laisse un goût d’inachevé. « Pourquoi cette indignation sur un écrivain algérien, certes emblématique, mais pas sur les polémiques ou crises qui touchent Strasbourg ou la gauche française ? » s’interroge un proche du milieu politique local.
Un appel à Strasbourg : rester fidèle à son rôle de capitale des droits de l’homme
Reste que le message de Roland Ries a trouvé un écho auprès de nombreux Strasbourgeois attachés à la tradition humaniste de leur ville. Son plaidoyer résonne avec l’identité européenne de Strasbourg, ville de débats et de dialogue. Mais cette intervention, si rare soit-elle, pourrait aussi être perçue comme une opportunité manquée de se positionner sur d’autres enjeux politiques ou sociaux qui secouent la scène locale.
En s’exprimant publiquement pour Boualem Sansal, Roland Ries a rappelé à Strasbourg son devoir de vigilance face à « la montée d’un obscurantisme qui cherche à étouffer toutes les expressions de liberté« . Peut-être le premier acte d’un retour plus régulier dans le débat public ? L’avenir le dira.
