Le 23 novembre 2024, Strasbourg a célébré les 80 ans de sa libération, un événement marquant qui a notamment été souligné par le traditionnel hissement du drapeau français sur la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. Ce geste, réalisé par un ancien spahi du 4e régiment de spahis marocains, une unité de cavalerie coloniale composée principalement de soldats originaires du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, a rappelé l’implication des régiments coloniaux dans la libération de la ville. Cependant, malgré ce geste symbolique, les contributions des soldats d’Outre-Mer, et en particulier des tirailleurs africains, demeurent largement invisibles dans les commémorations officielles.
Un hommage centré sur la résistance et les militaires français
La cérémonie principale, qui s’est déroulée sur la place Broglie, a été l’occasion d’honorer principalement la 2e Division Blindée du général Leclerc et les résistants locaux, des figures centrales du récit de la Libération. Le hissement du drapeau tricolore sur la flèche de la cathédrale, un acte symbolique qui marque chaque année la fin de l’occupation, a été réalisé par un ancien spahi du 4e régiment de spahis marocains, un régiment emblématique des troupes coloniales. Ces soldats, souvent issus des anciennes colonies françaises d’Afrique du Nord, ont joué un rôle clé dans les combats pour libérer Strasbourg. Toutefois, leur contribution a été rapidement éclipsée par l’hommage rendu aux figures locales et à la 2e DB, souvent considérée comme l’unité principale de la Libération de la ville.

L’oubli des tirailleurs africains et des soldats d’Outre-Mer
Les tirailleurs africains, dont le rôle a été essentiel lors de la Libération de Strasbourg, ont été largement ignorés dans les cérémonies de commémoration. Ces soldats, venus principalement des anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique du Nord, ont combattu courageusement pour libérer la France, souvent en sacrifiant leurs vies dans les batailles décisives. Cependant, ils ont été relégués à des événements périphériques, alors que les résistants et les soldats métropolitains étaient mis en avant.
Des initiatives comme l’exposition « Guy Hoareau : destin d’un soldat d’Outre-Mer », qui a exploré le parcours d’un soldat réunionnais dans la Libération, ont cherché à valoriser ces combattants venus des anciennes colonies françaises, mais cela n’a pas suffi à leur rendre la place qu’ils méritent dans les commémorations principales.

Une histoire à revisiter : le rôle crucial des combattants d’Outre-Mer
La commémoration des 80 ans de la Libération de Strasbourg souligne la nécessité d’une réécriture de la mémoire collective pour intégrer pleinement les sacrifices des tirailleurs africains et des autres soldats d’Outre-Mer. Les soldats des régiments coloniaux, tels que les spahis marocains du 4e régiment et les tirailleurs sénégalais, ont joué un rôle déterminant dans la victoire, mais leur contribution reste trop souvent ignorée dans les cérémonies officielles.
La mémoire de ces combattants est essentielle pour offrir une vision plus complète de la Libération de la France. Leur place dans l’histoire doit être honorée, non seulement pour rendre hommage à leur sacrifice, mais aussi pour reconnaître leur rôle fondamental dans la libération de Strasbourg et du pays.
