Un ancien médecin urgentiste du Samu dans le Bas-Rhin a été condamné, jeudi 14 novembre, par le tribunal correctionnel de Strasbourg à une peine de cinq mois de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger. Cette condamnation fait suite à sa gestion d’un appel d’urgence en mai 2016, où il n’a pas ordonné d’intervention malgré la situation critique d’une patiente, décédée peu de temps après.

Les faits de l’affaire

Le 27 mai 2016, une femme se sentait mal, souffrant de vertiges importants. Son mari avait initialement contacté un médecin de SOS Médecins qui lui avait prescrit un médicament pour calmer les symptômes. Mais l’état de la patiente se dégradant, son mari a décidé d’appeler le Samu pour obtenir une aide supplémentaire.

Le médecin régulateur, alors en poste, n’a pas jugé nécessaire d’envoyer une ambulance, estimant que la situation n’était pas suffisamment grave. Malheureusement, quelques heures après cet appel, la patiente a perdu la vie.

Une décision controversée

Lors du procès, l’avocat de la famille a souligné que l’évaluation faite par le médecin régulateur avait écarté toute prise en charge urgente malgré les symptômes alarmants rapportés. Selon les proches, une intervention aurait pu sauver la patiente. Cette décision a plongé le mari dans un profond désarroi.

Déjà condamné pour des faits similaires

Le médecin avait déjà été condamné en début d’année 2023 pour une affaire similaire de non-assistance à personne en danger. Lors de l’audience, il a exprimé des regrets pour la gestion de l’appel mais a aussi évoqué la pression et les conditions de travail difficilement supportables au sein des services de régulation d’urgence.

Un verdict qui relance le débat sur les pratiques du Samu

Le tribunal a rendu une condamnation de cinq mois avec sursis, une peine qui vise à rappeler la responsabilité des médecins régulateurs face à des appels critiques. Cette affaire relance ainsi la réflexion autour des pratiques et des protocoles du Samu, afin de garantir des prises de décision adaptées aux situations d’urgence.

Les proches de la victime, encore sous le choc, espèrent que ce jugement permettra de sensibiliser les services d’urgence à l’importance d’une évaluation minutieuse de chaque appel, même en contexte de forte pression.